Le prix: Nikon était inacessible pour un jeune.
Oui, Alain, le prix y était certainement pour beaucoup. J'ai eu beaucoup de chance de m'avoir fait offrir mon premier Nikon par mon père (le FM). Mon père, à son tour, avait beaucoup de chance (et beaucoup de courage) d'avoir pu s'acheter son premier Exakta grâce à la contrebande de café au retour d'un voyage de sa chorale en Amérique latine dans les années 50 (le vrai café était alors un luxe hors de prix en RDA, ce qu'il est un peu resté, bien que dans une bien moindre mesure, jusqu'à la fin de cet État).
Et jusqu'à l'âge de 24 ans (donc presque dix après le FM offert), je n'ai pas eu les moyens non plus, exempté quelques menus accessoires (filtres, pare-soleis, etc.) de m'acheter moi-même du matos Nikon. Vint donc en 1991 le F (mais en fait, cela ne faisait que tirer mon compte en banque encore plus dans le rouge

). Ne vinrent les autres boîtiers et objectifs que quand j'étais déjà salarié depuis quelques années et même pas avant le début du siècle en cours…
En revanche (mais ça, c'était l'Allemagne de l'époque, occidentale, bien sûr), je n'aurais jamais mis plusieurs années pour rembourser 1300 F. J'étais généralement dans le rouge de 1300 marks au début des vacances universitaires, et arrivé à 0 dans l'espace de 15 jours de boulot en usine, ce qui, à concurrence d'un salaire de 10000 francs environ par mois, n'était pas trop difficile. Ensuite, je continuais de bosser pour m'offrir des vacances. En général, au moins deux mois de boulot en tout, et jusqu'à ce que je serais devenu imposable, ce que j'évitais évidemment soigneusement

. L'usine, c'était aussi une expérience bien intéressante ! Plus tard, en France, je me rendais vite compte que des boulots d'étudiant, surtout en Province, c'était dur à trouver et généralement très mal payé

(et les vacances universitaires beaucoup plus courtes).