Cessons de croire que le marché européen ou américain donne une image des proportions argentique/numérique à l'échelle mondiale.
Je suis prêt à parier que trois quarts des appareils photos dans le monde sont argentiques.
Nous consommons ce que le marketing veut nous faire consommer, et nous sommes bien dupes.
Il suffit de faire quelques centaines de kilomètres pour dresser un constat tout à fait différent.
Les producteurs de pellicules sont encore un bel avenir devant eux (surtout si leurs plus gros concurrents ferment leurs chaînes de production à cause de rendements qui ne sont pas défendables face à des actionnaires assoifés), surtout dans les pays du sud, de l'est, du sud-est et du sud-ouest.
Oui, je crois que tu as tout à fait raison. D'autant que les boîtes qui vendent du matos d'occasion, le plus souvent argentique, se portent très bien. Même pas la peine d'aller chercher sur eBay.
Les rares fabricants de films restants vont bien aussi. Surtout Fuji, peut-être bientôt le dernier des Mohicains. Ce serait d'ailleurs un peu dommage, car, à en croire les théories défendant l'"économie du marché", l'absence de toute concurrence ne serait pas vraiment un garant de la relation qualité-prix.
Hélas, pour le développement, cela devient de pire en pire. Autrefois, un Kodachrome envoyé n'importe où en Allemagne revenait généralement dans les deux jours ouvrables suivants par la Poste du labo de Stuttgart.
En France, on pouvait même déposer ces films chez le photographe local sans frais de port (utile de surcroît, car les fentes des boîtes à lettres de la Poste française sont un peu étroites - pas la peine d'essayer d'y glisser un sachet rempli d'une bobine dans sa boîte plastique d'origine).
Peut-être deviendrons-nous, les fidèles du film, par la simple force des choses des consommateurs de pellicules provenant de pays "sous-développés", du moins par rapport à l'occident "classique".
Déjà, pour trouver du N&B, mieux vaut chercher du côté d'anciens pays de l'Est (ils sont toujours à l'Est, bien entendu, mais plus "communistes"). Heureusement, il y a encore quelques offres Fuji tout à fait performantes (et le Japon se trouve décidément à l'Est vu d'ici).
De toute façon, je crains que Fuji deviendra, à court terme, le seul producteur de films de qualité. La marque semble persister. Et j'espère qu'elle perdurera aussi.
Mais en tant que futur monopoliste (c'est presque prévisible), un bel avenir lui est promis. Mis à part quelques pays du "Tiers-monde" qui continuent aussi à produire des films.
Peut-être que l'avenir, en la matière, appartient à la Chine ou à l'Inde, qui nous fournissent déjà en pas mal de marchandises. Même des fringues de certaines marques de luxe officiellement françaises. A des prix français, bien sûr.
Dans ce contexte, d'ailleurs, la notion de "contrefaçon" perd tout son sens et devient un peu ridicule. Mais c'est un tout autre sujet.
