En anglais, free software veut dire autant logiciel libre – code source ouvert, lisible, modifiable, distribuable – que logiciel gratuit.
Il y a des logiciels gratuits qui ne sont pas libres comme Affinity Studio ou PDF Architect – qui est installé d'office avec PDF Creator qui lui est libre –… et des logiciels à code ouvert qui ne sont ni libres ni gratuits – désolé, pas d'exemple en tête.
Il y a aussi des logiciels propriétaires qui sont devenus libres comme Lightzone et des choses quelque part entre les deux – je pense à Lazarus et à Free Pascal, tous deux libres, qui reprennent les fonctions de Borland Delphi et de Turbo Pascal en l'améliorant et en, au passage, portant le logiciel dans des environnements pour lesquels ils n'étaient pas initialement prévus (Linux en particulier) mais aussi à Ghostscript, interpréteur Postscript alternatif à code ouvert dont il existe une version gratuite (AGPL) et une version payante (Artifex).
Une des raisons du développement des logiciels libres est l'attitude des géants du logiciel (Microsoft en tête mais aussi Apple et Adobe).
LibreOffice est un fork d'OpenOffice qui est issu de StarOffice après que Sun, après avoir racheté Star Division, ait rendu gratuit StarOffice puis ouvert une grande partie du code…
J'ai écouté Richard Stallman en janvier 2004… et j'ai craqué au bout d'une dizaine de minutes… Pas parce qu'il disait était inintéressant mais parce qu'il avait un coté grand prêtre d'une "nouvelle religion" qui ne me plaisait pas…
Serif a longuement expliqué par le passé qu'il était impossible de porter les logiciels historiques de l'entreprise – PagePlus en tête mais aussi PhotoPlus, DrawPlus et quelques autres – sous MacOS (et sous Linux). La raison : ces logiciels ont été développés de longues dates sous Windows et, en pratique, il faut tout refaire… Ecrire un nouveau logiciel – Affinity Design – s'est avéré plus simple… et le portage d'Affinity Design et d'Affinity Photo vers Windows – au prix de la mort des logiciels historiques, sniff – puis vers iPad était faisable et a été fait. On peut raisonnablement penser qu'un portage vers Linux ne devrait pas être insurmontable… pour le moment Affinity Studio ne tourne pas (encore) sur iPad et il faut se contenter de la suite en v2 devenue gratuite…
La bataille a évolué : au siècle dernier, la bataille portait sur le logiciel… depuis le milieu de la première décennie du XXIe siècle, la bataille s'est porté sur les formats de fichier – avec la normalisation des fichiers PDF, Open Document… et Microsoft qui court pour faire normaliser à l'arrache ses nouveaux formats de fichier bureautique… normes que Microsoft a bien du mal à respecter… c'est dans les gènes de l'entreprise et ce n'est pas pour rien que Google ne voulait pas du Jpeg XL et faisait la promotion du webp… Google a cédé il y a peu…
Avons-nous besoin de clones des logiciels Adobe ? je ne le pense pas… Ça ne veut pas dire que je ne vais pas (que je n'ai pas commencé à) tester…
J'ai testé PhotoCraft, je l'ai désinstallé ; j'ai testé PdfCraft, je l'ai désinstallé… dans les deux cas, la version actuelle d'ArtCraft n'apporte rien par rapport aux autres logiciels que j'utilise. Pour PdfCraft, mon lecteur PDF par défaut (qui n'est pas Acrobat), PDFsam (logiciel libre), FlexiPDF (qui ne l'est pas) et Affinity (Publisher v1 le plus souvent) me permettent de faire la même chose…
Je ne testerai pas les clones des logiciels Microsoft. Pourquoi ? Parce que je n'aime pas l'interface actuelle de la suite MS Office. Je fais toute ma bureautique sous LibreOffice… (ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas de suite MS Office installée… j'ai dû le faire pour des usages très spécifiques)
Le gros avantage des logiciels d'ArtCraft est une écriture totalement en Rust, un langage moderne, libre et permettant de produire des logiciels sous Windows, MacOS et Linux.
La démarche d'ArtCraft n'est pas initéressante : elle montre qu'il est possible de produire par IA rapidement du code homogène et efficace. Il faudra que les autres éditeurs suivent, ne serait-ce que pour nettoyer le vieux code des logiciels – il y a quelques années, Windows contenait encore du code "issu" de CP/M (le système d'exploitation racheté par Microsoft pour faire MS-DOS avait été conçu pour faciliter le portage des logiciels depuis le CP/M de Digital Research…) ; un éditeur d'IA veut nettoyer les logiciels bancaires de Cobol, langage écrit dans les années 60…
Quand on regarde les logiciels actuels d'Adobe, il y a de grosses différences entre Photoshop, InDesign et Illustrator. C'est particulièrement visible au niveau de l'interface de la gestion des couleurs – pour Jean Delmas, c'est l'interface de Photoshop qui est la mieux pensée –. La raison ? Photoshop n'a pas été créé par Adobe mais a été racheté… On ne peut qu'espérer que, dans sa réécriture, ArtCraft uniformise le fonctionnement de ces logiciels. Serif y est arrivé, et il y a longtemps…
A+
Laurent Galmiche
PS Comme photographe pro, je vis du droit d'auteur – même si j'aurais bien aimé que toutes les images que j'ai fait quand j'étais salarié et qui ont été largement publiées par les clients de mon employeur (un industriel) se voient sur ma fiche de paye (mais les clients ne créditaient même pas les auteurs des photos, faut pas rêver), elles ont été parfois créditées sur les publications de l'entreprise –.
J'aurais pu pirater il y a longtemps Photoshop… je n'ai jamais voulu le faire et ai testé (et souvent adopté) des solutions moins chères, pas toujours gratuites, et souvent mieux foutues. La correction d'exposition est arrivée dans Photoshop CS2 (de mémoire), avant, il fallait jongler entre luminosité, contraste et gamma… LView Pro, Mediachance PhotoBrush et quelques autres avaient depuis longtemps des outils bien plus efficaces !