Bonjour à toutes et à tous,
Ayant toujours trouvé bon accueil et aide compétente sur ce forum (j'en étais déjà membre il y a une quinzaine d'années), je crée aujourd’hui ce sujet pour partager mon expérience sur une technique d’utilisation du flash déporté qui pourra peut-être servir à d’autres, ou donner des idées.
Depuis plusieurs années, ma pratique photo est centrée autour de la photo d’architecture, principalement religieuse (les églises romanes et pré-romanes) mais pas seulement. Dans une église de campagne, la lumière naturelle est souvent chiche, même si elle possède une «couleur», un charme très particuliers. Nous parlons ici de monuments vénérables, construits dans les années 1000 à 1200, parfois même du temps de Charlemagne (± 800, comme chacun sait

), voire encore avant.
Bien sûr, si l’on veut des photos de la meilleure qualité possible, il faut travailler sur trépied à la sensibilité de base (64 ISO sur mon Z7 II, aucun autre boîtier de la gamme actuelle ne possède une meilleure dynamique), et c’est ce que je fais le plus souvent. Il arrive couramment que je doive poser 10 secondes, parfois 20 ou 30, et même si cela ne me gêne pas dans le principe, il arrive parfois que ces poses très longues induisent un léger «glissement» de la colorimétrie, la photo ne reproduisant pas exactement ce que j’ai vu sur place.
Dès lors, il est tentant d’utiliser le flash pour apporter un éclairage stable et sans dominante, et de fait j'emporte presque toujours un Godox AD200 Pro II avec un dôme hémisphérique et un kit de petits modificateurs de base. Même si je ne m’en sers pas souvent, travaillant plutôt en pose longue, c’est parfois bien utile quand je suis dans un endroit vraiment sombre. Toutefois, 200 W/s, ce n’est souvent pas assez puissant dans des monuments d’une certaine ampleur architecturale. De plus, ces lieux ont fréquemment des formes complexes qu’il est difficile de bien éclairer en une seule prise, d’autant qu’il y a souvent des colonnes qui projettent des ombres mal venues sur les murs.
J’utilise alors une technique à laquelle ont recours les photographes d’immobilier: l’appareil étant immobile sur son trépied, je prends plusieurs photos en déclenchant le boîtier à distance (déclencheur radio Hähnel Captur) en orientant le flash, que je tiens à la main, en direction des différentes parties du lieu que j’ai besoin d’éclairer. Bien entendu, je suis physiquement «dans la photo», mais je «m’efface»

ensuite lorsque j’assemble les différentes images dans Photoshop, ne conservant de chacune que la partie correctement éclairée pour composer la photo définitive d’ensemble.
Les trois images ci-dessous, prises dans la crypte carolingienne (ultra-sombre!) d’une abbaye du Dauphiné, illustrent le résultat. La première («crypte 1») montre une partie de dimensions restreintes, mais encombrée par une colonne. De plus, il fallait préserver ce que l’on voit de l’extérieur par les étroites fenêtres. Deux coups de flash ont suffi à éclairer le lieu, en veillant autant que possible à conserver des ombres pour préserver le modelé des vieilles pierres. En revanche, les deux autres photos montrent des enfilades s’étendant sur une bonne quinzaine de mètres; une demi-douzaine de photos successives ont été nécessaires pour tout éclairer.
Cette crypte, cependant, était de dimensions restreintes. C’est par nature le propre d’une crypte que de ne pas être monumentale... Dans une nef, la puissance de l’AD200 s’avérera vite insuffisante. Dans ce cas, il est tentant d’utiliser un AD600 Pro II, mais c’est un flash volumineux et lourd qu’il sera impossible (ou rapidement épuisant) de brandir à bout de bras comme l’AD200, surtout si l’on veut lui adjoindre, pour adoucir sa lumière, une petite softbox, faute de disposer d'un dôme hémisphérique comme sur l’AD200.
Quand on a reconnu les lieux à l’avance, qu’on sait qu’on aura besoin d’éclairer un vaste espace, et qu’on a la possibilité de transporter sur place tout le matériel d’éclairage dans un chariot à pneus, c’est différent. C’est ainsi que j’ai pu éclairer les fauteuils d’Oscar Niemeyer au Volcan du Havre (photos niemeyer1, 2 et 3), pour le compte de la Fondation du patrimoine: deux AD600 Pro II sur des pieds C-stand à roulettes avec deux grandes softboxes paraboliques d'un mètre 60 et un mètre 80 de diamètre. En plus, ma femme avait bien voulu jouer les assistantes...

Ce type de déploiement est rarement possible quand on part photographier un monument (église ou autre) qu’on ne connaît pas autrement que par les «repérages» approximatifs qu’on a pu faire sur internet. La plupart du temps, il ne serait d’ailleurs pas justifié.
Pour tenter de combiner les deux (besoin éventuel –mais pas sûr– d’un éclairage puissant tout en restant facilement portable et maniable sur le terrain), je viens de faire l'acquisition d’une tête déportée H600 P pour l’AD600 (photo dans le message suivant pour ne pas dépasser le maximum de six), qui me permettra de porter le corps du flash sur moi confortablement (poche arrière d’un gilet-photo, bandoulière ou tout autre système), tout en ayant seulement la tête déportée à bout de bras, au bout de son câble d'un mètre 80 de long.
J’ai aussi acheté une perche télescopique Neewer MS-230C sur laquelle la tête pourra être installée. Elle peut se déployer jusqu'à 2,30 m de long. Mon seul regret est qu’elle soit en alu et non en carbone, mais à 860 gr, elle semble assez légère quand même. Je compte mettre sur la tête H600 P une petite softbox (modèle Godox UL Octa Box 60) pour bien modeler la lumière. Le tout devrait rester maniable, puissant et pas trop lourd.
La perche se rangera dans une poche latérale extérieure du sac photo, et pour l'AD600 et sa tête déportée, un sac Godox CB-12 devrait faire l'affaire.