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Château de Châteaudun
« le: 21 Juil, 2026, 09:34:04 am »
Châteaudun vient du latin castellum (château) et du celte dunum (camp fortifié). Chacun de ces deux mots désigne une forteresse. La ville qui porte ce nom occupait un emplacement stratégique, aux confins des seigneuries de la Beauce et de l’Orléanais.

La partie fortifiée de son château est au sommet d’un éperon rocheux, trente mètres au dessus du Loir. Cette altitude était propice à la surveillance des alentours et facilitait sa défense.

Les photos qui suivent illustrent ce que voit le visiteur à son arrivée dans la cour.

Voici (photo 1), de gauche à droite, la grosse tour (qui faisait partie du château initial, appelé donjon au Moyen Âge), la Sainte-Chapelle et un corps de logis de style gothique (l’aile Dunois). Un second corps de logis de style renaissance forme un angle droit avec le premier (l’aile Longueville).

Cet ensemble part d’une architecture militaire du XIIe siècle pour arriver à des architectures de plaisance des XVe et XVIe siècles.

La seconde photo montre mieux l’aile Longueville, à droite de la Sainte-Chapelle.

Manque une photo du château prise depuis les rives du Loir, que je ne désespère pas d’inclure ultérieurement. En attendant je vous invite à cliquer sur ce lien pour découvrir le résultat des efforts titanesques accomplis pour établir cette plateforme.

Ce château a été sauvé de la ruine par l’État, qui l’a acquis et restauré à la veille de la seconde guerre mondiale.

« Modifié: 21 Juil, 2026, 09:58:13 am par Brat Pix »

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Château de Châteaudun
« Réponse #1 le: 23 Juil, 2026, 09:40:37 am »
La grosse tour, à gauche sur la première photo, est la seule partie qui subsiste du château médiéval des comtes de Blois. Elle est attribuée à Thibaud V, fils de Thibaud le Tricheur (j’adore ce nom).

Construite vers 1180, elle fait 30 m de haut (sans compter le toit) et 17 m de diamètre, et ses murs font 4 m d’épaisseur à la base. Elle s’élève sur trois niveaux dont les deux premiers sont voûtés en coupoles, et résista aux assauts des Anglais et des Bourguignons.

Comme le château devait pouvoir soutenir un siège, cette entrée n'existait pas (photo 2).

On accédait à la grosse tour par le premier étage, à 10 m au dessus du sol, via une porte ouvrant aujourd'hui dans les combles de la chapelle. L'accès au niveau bas se faisait de ce premier étage par un trou dans la voûte (photo 3).

Comme expliqué sur le schéma de la photo 4, on accédait aux étages supérieurs par des escaliers ménagés dans l’épaisseur des murs. Deux couloirs annulaires au niveau des voûtes forment un chemin de ronde qu’utilisaient les archers. Les créneaux du niveau supérieur offraient un dernier poste d’observation et de défense.

Ce toit (photo 5) n'existait pas non plus à l'origine, car il aurait été trop facile d'y mettre le feu.

Nous parlerons demain du rôle de la partie basse de la grosse tour.


Château de Châteaudun
« Réponse #2 le: 24 Juil, 2026, 09:21:54 am »
Le niveau le plus bas de la grosse tour contenait des stocks de vivres, et offrait un accès à l’eau. Il remplissait donc la fonction de réserve stratégique.

Ce niveau est séparé de celui du dessus par la coupole que voici (photo 1). Les traces qu’on y distingue sont celles laissées par le support en bois sur lequel cette coupole a été construite et non pas la marque d’une réfection en béton hâtive.

Ces trous dans les murs à mi-hauteur témoignent de la présence de poutres qui soutenaient un plancher intermédiaire (photo 2).

Ce type d’ouverture assurait une aération propice à la conservation des vivres (photo 3).

Ce puits permettait d’accéder à l’eau plus de trente mètres plus bas, sous un éperon rocheux qu’il a fallu percer (photo 4).

Château de Châteaudun
« Réponse #3 le: 25 Juil, 2026, 09:43:57 am »
La chapelle actuelle a été édifiée en trois campagnes entre 1451 et 1493, sur l’emplacement de la précédente. Cette construction compliquée se traduit par une asymétrie que le guide des Éditions du patrimoine qualifie de pittoresque (photo 1).

L’histoire de Jean d’Orléans (1402-1468), qui la fit construire, mérite notre attention. Il était le fils naturel de Louis 1er d’Orléans (frère du roi Charles VI) et donc le petit-fils illégitime du roi Charles V. Le poète Charles d’Orléans, son demi-frère, fut fait prisonnier par les anglais à la bataille d’Azincourt en 1415 et resta en Angleterre jusqu’en 1440.

Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc lors de la levée du siège d’Orléans en 1429, Jean se révéla un chef de guerre exceptionnel et un diplomate de talent. C’est lui qui négocia la libération de son demi-frère Charles. Celui-ci, devenu le roi Charles VII lui attribua le comté de Dunois et lui offrit un morceau de la Croix du Christ.

C’est pour accueillir cette relique que Jean (devenu de Dunois) décida l’édification de la nouvelle chapelle. Un reliquaire maintenant vide placé sur l’autel de celle-ci est entouré de statues de la Vierge à l’enfant et de Saint Jean-Baptiste (Photo 2). Cette Vierge à l’enfant, un exemple très pur d’art gothique, pourrait provenir de la chapelle précédente car elle a été créée vers 1400.

Comme toutes les autres qui ornent la chapelle, ces statues étaient peintes. Voici Sainte Marie l’égyptienne (photo 3).

Cette statue représente probablement Jean de Dunois (photo 4).

La chapelle fut reconnue comme sainte par le pape Innocent VIII en 1490, soit 22 ans après sa mort. Le statut de Sainte-Chapelle est réservé à des édifices bâtis pour abriter des reliques de la Passion du Christ et détenus par des descendants de Louis IX (Saint Louis), qui créa la première à Paris.

Le fait d’être reconnu comme descendant de Saint Louis prenait une saveur particulière (quoique posthume) pour celui qu’on avait appelé le bâtard d’Orléans.



« Modifié: 25 Juil, 2026, 09:53:02 am par Brat Pix »

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