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Hors ligne Jean-Christophe

Panorama et logiciel Hugin
« le: 08 Avr, 2020, 17:46:20 pm »
Je partage ici une question lecteur et ma réponse.
Vous pouvez compléter pour enrichir la réponse finale.

je rencontre des soucis de montage des photos. "A plat", c'est à dire avec un angle d'environ 30°, sur un 24mm, le montage fonctionne parfaitement. Passer à 45° voire plus, cela devient impossible. J'utilise la dernière version de Hugin, mais aussi une vieille version de APG, disparu depuis.

Je n’ai aucune expérience avec le logiciel Hugin, je laisse les plus experts répondre.


Panorama et logiciel Hugin
« Réponse #1 le: 08 Avr, 2020, 20:36:26 pm »
por cela il faut passer par le site de Mathieu SELME panoramiste talentueux et ingénieux.

il a crée il y a quelques années des pages conseils pour Hugin,  c'est ici  http://www.360x180.fr/index.php?lang=fr&page=hugin

ensuite on peut passer passer un peu de temps sur ses récits de voyages avec de nombreux panos 360 x 180 ou regarder  comme faire des panoramiques  sphériques au cerf volant (faits à l'heure où les drones étaient moins à la mode) mais c'est tout aussi efficace et nettement moins cher. Avec en prime de jolis panos de Bretagne à voir quand on est confiné.


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"A plat", c'est à dire avec un angle d'environ 30°, sur un 24mm, le montage fonctionne parfaitement. Passer à 45° voire plus, cela devient impossible. J'utilise la dernière version de Hugin,

c'est pas nécessairement une question logicielle  mais un soucis  de prise de vue . Quand on passe sur le site de Frank Vanderpol pour calculer le recouvrement et l'angle  nécessaire  pour une focale  et un type de capteur donné  (voir là http://www.digitalefotografie.com/fov_pan_calc.htm on s’aperçoit que 30 °  c'est beaucoup trop de recouvrement : l'idéal est d'avoir un recouvrement d'environ 25%. Trop  de recouvrement peut être tout aussi ennuyeux  que pas assez.

Faut peut être essayer de rajouter des points de contrôle manuellement voir de supprimer ceux qui ont des écarts trop importants.

quand on se lance dans la photo panoramique le premier reflex  à avoir  :

pour un pano horizontal on fait les prises de vues boitier placé verticalement et inversement pour un pano vertical. Quand on procède ainsi on augmente la résolution finale du pano et on augmente les possibilité de recadrage  ou de redressement d'horizon si nécessaire.

ensuite  difficile de se prononcer sur les raisons de l'échec de l'assemblage  sans voir les images ou connaitre les conditions de prises de vues.

sur des panoramiques de paysage  au 24 mm avec des premiers plans peu définis  (herbe, rochers , foret  voir des vaguelettes) ça marche plutôt bien même à main levée  sans tête panoramique (on s'aidera si possible du quadrillage  que l'on affichera sur le système de visée). 4 à 6 vues  verticales ou une bonne dizaine  avec un télé objectif genre 70 200  on peut faire à main levée (expérience vécue).

Si le sujet est de l'architecture les choses se compliquent fortement, car  bien souvent les premiers plans sont plus rapprochés et constitués de lignes de courbes etc  et là ça devient plus compliqué sans tête panoramique.   

En effet pour réussir  le panoramique parfait  il faut que l'axe de rotation du couple boitier optique  soit  en coïncidence avec la pupille d'entrée de l'objectif ( pour faire simple on va dire centre optique) . si la rotation ne se fait pas sur cet axe entre deux prises de vues  il va y avoir des déplacements des arrières plans  par rapport aux premiers plans (voir illustrations ). ces déplacements relatifs vont rendre impossible tout assemblage.

on peut essayer des prises de vues faites au fil à plomb comme  Florian Knorn c'est àvoir ICI mais il y aura de la retouche en post production. L'idéal étant l'usage d'une tête panoramique.

voilà "brièvement" quelques pistes de réflexion jetées à l'aveugle . peut être que si l'on avait copie des images qui posent problème on pourrait tenter un assemblage avec nos logiciels d'assemblage préférés et conseiller de manière plus fine.
 
« Modifié: 10 Avr, 2020, 18:20:07 pm par demouche »
Boitiers Nikon avec les optiques qui vont bien.

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Hors ligne Oursblanc

Panorama et logiciel Hugin
« Réponse #2 le: 10 Avr, 2020, 12:47:29 pm »
Merci pour tous ces conseils.

Je dispose d'une tête panoramique Manfrotto 338 + 303 SPH et quelques réglettes supplémentaires, surtout quand je mets le 24-70 sur le D810. C'est impeccable pour la mise à niveau, le calage en fonction du nombre de stop de rotation... Comme pour la rotation verticale.

Avant de faire mes premières images, je me suis un "peu" documenté :
o Pupille d'entrée (pas facile à déterminer avec précision, d'autant que les constructeurs ne sont pas très affables quant à la position supposée de ce point d'entrée). J'ai donc tâtonné pas mal avant de trouver un point qui satisfasse les attentes. Du coup, j'ai une pupille qui se trouve aux alentours de 114mm +/- 2mm (Tamron 24-70 G2 + D810). Il est vrai que dans l'absolu, avec un avant plan paysagé peu détaillé... Cela ne sert pas forcément.
o Le choix du logiciel : Comme pour le reste, j'en ai testé pas mal : une version d'APG (Qui n'existe plus), ICE de MS, Hugin, Lightroom, Photoshop... Dans les cas dits "normaux", les assemblages se font facilement avec un résultat plus que satisfaisant pour l'ensemble du panel, pour obtenir des panoramas cylindriques 360° x 74° assez lourds (D810 = 36 Mp), et très équilibrés.

Les choses se compliquent sérieusement lorsque l'appareil est orienté vers le haut, c'est à dire à 45° par exemple.
La FOV étant de 74°, à l'horizontale, il balaie de -37° à +37°. Lorsqu'il est à 45°, il balaie de 8° à 82°, soit 29° de recouvrement. Normalement suffisant. Mais dans la réalité, ce n'est pas ça. J'ai donc dû rater une marche et mal comprendre quelque chose.
En effet, à l'assemblage de la ligne supérieure, j'ai une forme de dôme. Pour compliqué le truc, il est vrai que les photos sont faites de nuit, à 3200 ISO pleine ouverture, corrigées avec DXO (module optique) et lavées pour enlever le bruit parasite.
Malgré tout, aucun logiciel n'arrive à récupérer les points pour faire le montage : la forme en dôme les perturbe. J'ai donc assemblé les images à la "main" en identifiant une moyenne de 190 points de correspondance entre chaque image.
Toutefois, une fois cette partie montée, aucun logiciel ne me permet de coller ce dôme à la base qui elle est cylindrique pour faire un quasi 360 x 180 (en fait pour être puriste un 360 x 164 à partir de l'horizon)

Voilà où j'en suis en ce moment.

Je mets dans le post la partie horizontale montée... le fichier d'origine fait un peu plus d'1 Gb.
Nikon par passion depuis ... 35 ans

Panorama et logiciel Hugin
« Réponse #3 le: 10 Avr, 2020, 18:29:32 pm »
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o Pupille d'entrée (pas facile à déterminer avec précision, d'autant que les constructeurs ne sont pas très affables quant à la position supposée de ce point d'entrée). J'ai donc tâtonné pas mal avant de trouver un point qui satisfasse les attentes. Du coup, j'ai une pupille qui se trouve aux alentours de 114mm +/- 2mm (Tamron 24-70 G2 + D810). Il est vrai que dans l'absolu, avec un avant plan paysagé peu détaillé... Cela ne sert pas forcément.

alors là faut rester très pragmatique : entre passer des heures à chercher des valeurs sur la toile  qui pourront être peu fiables (tout dépend de qui publie et de son niveau d'exigence) tu ne connais pas comment ils fixent  le boitier sur la tête. Bref tout ça fait qu'il y a trop de paramètres que tu ne connais pas et qui peuvent te conduire  dans des impasses ou des approximations qui te feront perdre beaucoup de temps en post production.

Pour résumer pendant que tu cherches sur la toile moi je règle ma tête pano  ;D ;D ;D. C'est méticuleux mais pas non plus monstrueux (2 à 3 h selon ta chance pour trouver la bonne position pour un fish eye  qui est plus exigeant).

La première variable  que j'ai cherché à éliminer c'est la fixation du boitier sur la tête. j'ai donc opté pour un étau et un platine au standard Arca Swiss. La platine sur le boitier ne bouge plus . Si par hasard  je dois absolument la démonter  je repère sa position par de l'adhésif sur la semelle du boitier (c'est comme ça que j'ai renvoyé un jour mon boitier au SAV NIKON avec interdiction de virer les rubans adhésifs.

La première chose à faire c’est de régler le bras inférieur de manière à ce que l’axe optique coïncide avec l’axe de rotation de la tête (c’est l’opération la plus simple à faire)


On desserre le serrage du bras vertical et on le déplace de matière à faire coïncider centre optique et centre de rotation matérialisé sur la tête. J'affine le positionnement avec le verre quadrillé.

Je ne me contente pas d'un repérage dans le viseur ou en live view.

Je vais utiliser la propriété d’un rectangle qui veut que ses diagonales se coupent obligatoirement au centre du dit rectangle. Je fais une prise de vue j’ouvre mon image dans n’importe quel logiciel de traitement d'image je trace les diagonales et je visualise le centre du capteur par rapport au centre de rotation de la tête. Par tâtonnements successifs nous allons arriver à la bonne position du bras vertical.
Bien me dirons certains, cette méthode va nous permettre de trouver le centre de la surface de captation mais pas l’axe optique. Pour annuler cette éventualité je réalise 2 prises de vues opposées à 180°. Si par hasard il y avait différence nous pourrions le constater visuellement et la valeur moyenne correspondrait à la position de l’axe optique.




La seconde opération va consister à trouver le bon positionnement du boitier sur le bras horizontal, c’est l’opération la plus délicate (surtout pour les optiques Fish eye, moins d'un millimètre avec le 10.5mm) mais cela mérite attention car une tête bien réglée c’est du temps de post traitement de gagné pour l’avenir.

Je place donc un objet très fin (mine de critérium, aiguille) et placée verticalement à quelques centimètres (10 à 20 cm selon la focale) de l'objectif.



Je règle mon exposition avec un diaph de f :16 (pour avoir la meilleure profondeur de champ) mise au point manuelle réglée sur l’hyperfocale pour avoir la plus grande profondeur de champ possible.

Entre deux prises de vues (et pour la rotation donnée pour l’optique) je compare les déplacements relatifs entre le micromine avec un point d’arrière plan lointain (quelques centaines de m).
Si le déplacement du premier plan (mine) par rapport à l'arrière plan (fond) évolue dans le même sens que la rotation de la tête, le boitier est trop en arrière sur le bras horizontal. Si le déplacement du premier plan par rapport à l'arrière plan évolue dans le sens inverse de la rotation de la tête, l'appareil est trop en avant sur le bras horizontal.
Quand je pense avoir trouvé le bon réglage à l’œil je fais deux prises de vues (droite et gauche) et je vais ouvrir mes deux images dans mon logiciel de traitement d’images. Je mesure le décalage entre mon repère de premier plan et le fond (comme illustration du post précédent). Ces valeurs me permettre d’affiner le réglage. Je recommence mes séries de prises de vue je compare à nouveau. Quand l’écart est identique (à 1 voir 2 pixels près) je considère que ma tête est bien réglée pour la focale donnée. Je note précieusement cette valeur. Sur certaines têtes comme les Fanotec on dispose de cales à serrer pour retrouver rapidement le bon positionnement.

Voilà tu as fini.

Pour test je vais me faire un 360 dans mon atelier; où là je vais avoir des premiers plans à moins d'un mètre (les plus difficiles à assembler) et  je vois ce que ça donne.

si besoin je refais quelques retouches mais si ça s'assemble là ça marchera dans tous les cas. J'ai très peu d'erreurs d'assemblages ; qu'en j'en ai soit je repositionne quelques points de contrôles dans la zone concernée ou je déporte la zone de transfert par l'utilisation des masques (et c'est là le point fort de PTgui  pro tu vois  ton assemblage se modifier en direct selon tes coups de pinceaux).


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Les choses se compliquent sérieusement lorsque l'appareil est orienté vers le haut, c'est à dire à 45° par exemple.

si je comprends bien tu fait tes prises de vues avec  l'axe optique incliné vers le haut et fatalement ça te fait un horizon courbe. Ce qui est assez logique. Tu peux "piéger" l'algorithme du logiciel en faisant une série  d'images à -45° et tu assembles . Tu recadres comme tu l'entends après. Avec quel logiciel assembles tu ?

c'est sûr assembler de nuit complique la chose  mais rien d'impossible voir ce pano sphérique fait par Mathieu SELME en Compagnie d'Eddy Rivière son site https://500px.com/eddyriviere (il fait aussi pas mal de panos de nuit.  C'était à l'occasion d'une rencontre entre panoramistes. Ils peuvent aussi te faire part de leur expérience.

je ne pige pas trop ce que tu veux dire quand  tu dis :

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Toutefois, une fois cette partie montée, aucun logiciel ne me permet de coller ce dôme à la base qui elle est cylindrique pour faire un quasi 360 x 180 (en fait pour être puriste un 360 x 164 à partir de l'horizon)
tu as bien choisi la projection sphérique ?

si tu as 360 x 164 tu es pas loin de la sphère complète  tu dois avoir  juste un tout petit trou en bas .

Pour mémoire avec un 24 mm sur un boitier full frame au 24 mm un sphérique c'est :

une photo du zénith
9 photos (tous les 40°) avec objectif orienté vers le haut à 50°,
9 photos avec objectif à l'horizontal à 0°,
9 photos avec objectif orienté vers le bas à -50°,
une photo du nadir.
Soit 29 images pour faire un panoramique sphérique

« Modifié: 10 Avr, 2020, 18:32:58 pm par demouche »
Boitiers Nikon avec les optiques qui vont bien.

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Hors ligne Oursblanc

Panorama et logiciel Hugin
« Réponse #4 le: 10 Avr, 2020, 18:36:58 pm »
Waouh... Merci :)
De la lecture en perspective... et de nouveaux tests ;)
Nikon par passion depuis ... 35 ans

Panorama et logiciel Hugin
« Réponse #5 le: 30 Avr, 2020, 14:31:53 pm »
Pour compléter les infos que j'ai donné plus haut j'ai trouvé cette vidéo de Florian Knorn  vous avez une explication en visuel de l'effet  d'une tête pano mal réglée ou en cours de réglage.


Contrairement à lui, je vous conseille de faire vos prises de vues avec une télécommande et quand on peut, on active  la temporisation miroir levé pour limiter les vibrations surtout sur une Nodal NN3 ou une Bushman par exemple qui sont de bonnes têtes mais sensibles aux vibrations.

La NN5 ou NN4 le sont mais un peu moins car prévues pour des boitiers plus gros.
Boitiers Nikon avec les optiques qui vont bien.