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CRITIQUE PHOTO => Critique Photo Sur le vif (en voyage, scènes de rue, reportages...) => Discussion démarrée par: Brat Pix le 20 Déc, 2025, 07:51:01 am
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Nous sommes à Saint-Fargeau-Ponthierry. L’espace culturel que nous nous apprêtons à visiter s’appelle 26 couleurs. Ce nom étrange est une allusion à son passé industriel prestigieux, que nous aborderons dans les jours qui suivent. Sa construction allie pierre, brique et béton armé, une nouveauté à l’époque. La partie en béton armé au centre servait à hisser du charbon à l’étage.
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L’idée de Louis-Isidore Leroy
Avant Louis-Isidore Leroy, la fabrication d’un papier peint comme celui de la première photo utilisait un processus manuel long et coûteux. C’est lui qui eut l’idée de confier le dépôt de chacune des couleurs à un rouleau comme celui de la seconde photo sur lequel le papier à peindre devait passer. La machine la plus ambitieuse qu’il conçut pour exploiter cette idée possédait vingt-six rouleaux, ce qui permettait le dépôt d’autant de couleurs et explique le nom de l’espace culturel qu’est devenu son usine.
Pour en savoir plus sur l’histoire des papiers peints Leroy, vous pouvez consulter https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_Leroy_(Saint-Fargeau-Ponthierry) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_Leroy_(Saint-Fargeau-Ponthierry)).
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Astucieux ! Et, une fois le travail de gravure sur le rouleau puis appose des tampons au bon endroit, le gain de temps devait être considérable...
C'est bien que le bâtiment existe encore.
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Merci du partage.
J'aime bien tes petites visites photographiques culturelles. :D :C
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Astucieux ! Et, une fois le travail de gravure sur le rouleau puis appose des tampons au bon endroit, le gain de temps devait être considérable...
En effet. Ça a révolutionné la production.
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Merci du partage.
J'aime bien tes petites visites photographiques culturelles. :D :C
Merci VOLT pour ce très gentil message !
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La machine aux 26 couleurs
L’étage de l’espace culturel 26 couleurs est dédié à l’activité de Leroy. On y trouve notamment la machine à papier peint la plus ambitieuse réalisée pour la manufacture. Elle possède vingt-six rouleaux qui permettaient de produire un papier peint avec autant de couleurs (photo 1).
La seconde photo est un gros plan sur la zone du cinquième rouleau encreur.
À condition d’avoir minutieusement préparé et calé les rouleaux encreurs de toutes les couleurs requises, on pouvait produire un très beau papier peint beaucoup plus rapidement qu’avec les techniques manuelles antérieures. Les photos 3 et 4 montrent plus en détail certains des nombreux points de réglages de la machine.
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Vraiment très impressionnante, comme machine !
Quelle énergie l'alimentait ? La vapeur ?
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Un trésor de minutie et d'ingéniosité cette machine.
Intéressant ce partage.
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Quelle énergie l'alimentait ? La vapeur ?
La réponse à cette intéressante question fait l'objet de la suite à paraître demain :)
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Et l'électricité dans tout ça ?
À ses débuts en 1842, la manufacture de papiers peints Leroy est à Paris. Elle est expropriée en 1912 pour la construction de chemins de fer et Louis-Isidore Leroy choisit de la transférer à Saint-Fargeau-Ponthierry où il a des racines familiales.
Il confie la conception de la nouvelle usine à Paul Friesé. Sa double compétence en architecture et en ingénierie des centrales électriques lui permettra de concevoir une manufacture capable de produire son électricité à partir du charbon.
Les ensembles chaudières à charbon – turbines – réducteurs seront fourni par la Société Générale de Construction Mécanique (photo 1).
Un premier ensemble est juste derrière le volant inertiel du premier plan de la photo 2. On en distingue un second à l’arrière plan.
Les générateurs d’électricité proviendront de chez Hillairet Huguet (photo 3).
Le cartouche de droite précise que ce type de générateur peut produire un courant de 670 ampères sous une tension de 240 volts (photo 4).
La dernière photo est une vue d'ensemble de l'un des générateurs.
Paul Friesé était d’origine alsacienne. Engagé volontaire dans l’armée française pensant la première guerre mondiale (à 63 ans !), il est mort en 1917 de blessures reçues au Chemin des Dames, comme mon grand-père.
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Superbe générateur, bien restauré et avec une esthétique typique de l'ère industrielle.
Je ne me rends pas compte si 670 ampères, c'est beaucoup pour une machine de ce style, par contre.
Merci pour ce beau reportage !
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Même remarque que Mornagest. :C :C
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J'ai pas la réponse à vos questions concernant ce que pouvaient produire ces machines vieilles de plus d'un siècle. Par contre la vitesse de rotation nominale indiquée de 115 tours (par minute) est très basse par rapport aux standards d’aujourd’hui.
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Je ne me rends pas compte si 670 ampères, c'est beaucoup pour une machine de ce style, par contre.
670 A x 240 v = 160,8 kW
Très belle machine pour l'époque.
Cela reste une puissance respectable de nos jours, même si l'on croise maintenant des machines de plus de 300 kW assez communément dans l'industrie (métallurgie, agro-industries)
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Merci pour les éclaircissements :)
115 tours/minute c'est peu, mais j'imagine que le but est que le rouleau puisse s'appliquer suffisamment longtemps pour que la peinture soit bien transférée sur le papier.
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Merci pour les éclaircissements :)
115 tours/minute c'est peu, mais j'imagine que le but est que le rouleau puisse s'appliquer suffisamment longtemps pour que la peinture soit bien transférée sur le papier.
115 tours par minute c'est la vitesse de rotation de la machine qui produit de l'électricité.
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Oulààà... il va falloir que je boive moins de champagne avant l'heure ! :o
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Détails
Pour conclure la visite de la manufacture Leroy, voici quelques photos de détails que j’ai trouvés beaux.
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Les couleurs des métaux, je les ai toujours trouvées photogéniques.
Tes photos me confortent dans cet avis.
Beau partage.
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Les couleurs des métaux, je les ai toujours trouvées photogéniques.
Tes photos me confortent dans cet avis.
Beau partage.
Merci !