Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #15 le: 16 Avr, 2018, 17:03:53 pm »
J'apporte ma petite réponse personnelle à cette réflexion.

Quand je pars en voyage, j'ai vraiment très peu de photo avec du monde dessus. Avec ma compagne, nous sommes parti, pour de la rando et les beaux paysages, en Bretagne, dans les Alpes, les Pyrénées, en Crête, au Québec, à Madère et nous partons en Corse dans quelques jours. Et si je reprends toutes les photos que j'ai faites jusque là, celles où nous apparaissons tous les 2 se comptent sur les doigts d'une seule main. Et celle où j'y fait apparaitre ma moitié sont un peu plus nombreuses, mais jamais à prendre la pose avec un "panorama" derrière. Uniquement des clichés pris sur le vif, capturer un moment, une expression, ou l'inclure dans un décor, un mouvement.

Alors oui, surement que les photos que je fais ont été faites par des centaines d'autres personnes avant moi. Et alors ? Je ne suis pas un adepte des réseaux sociaux, je n'ai pas de compte face de bouc ou sur l'oiseau bleu. Google n'est pas mon ami. Je me fiche royalement de ce que font les autres, je vis MA vie. Je fais donc MES photos. Mes souvenirs. MON regard. Et s'il y a bien une chose qui ne changera jamais dans ma pratique photographique, peu importe le matériel, peu importe mon expérience, c'est de vouloir capturer "ce" moment, celui que j'ai devant les yeux, celui qui me fait dire : "j'y étais".

Ces photos sont avant tout pour moi. Ca peut paraître égoïste, mais c'est après tout ma pratique. Et ensuite pour montrer à mes proches. Je n'ai pas vocation à faire des expositions, mais c'est évidemment l'étape d'après.
Un exemple : j'ai à côté de moi un calendrier photo. Sur celle du mois d'avril, on y voit une Pusada, une maison traditionnelle de Madère. Pour moi, cette photo a une âme, la mienne. Quand je la regarde, je me rappelle ce moment. La température, la fatigue de la journée de marche. Ma douce et tendre quelques mètre plus loin. C'est instant qui est passé, que j'ai apprécié. Si je vous la montre, vous allez y voir une Pusada, un ciel un peu cramé et quelques jolies plantes. Si ma photo est réussi, peut-être arriverez-vous à "sentir" un peu ce moment.
Si je tape (dans) Google : pusada, je verrais des photos de ces jolies maisons. Peut-être même celle que j'ai prise, voire avec un cadrage identique. Mais je suis certain qu'elle n'aura pas "l'ambiance" de MA photo, qu'elle ne me procurera pas les mêmes sensations. Parce qu'à ce moment, je n'y étais pas. Quand j'ai regardé à travers le viseur de mon appareil, si.
Et quand ma copine regarde cette photo, je sais qu'elle la "voit" à peu près comme moi. Qu'elle "sent" elle aussi la chaleur du moment, les courbatures dans les cuisses, le vent et le parfum des plantes. A sa manière, elle se rappelle de cet instant, au-delà de cette image.

C'est vraiment quelque chose qui va au-delà de l'image elle-même : que la composition soit réussie ou ratée, que l'image pique ou pas, au-delà d'un ciel cramé, d'un flou de bougé ou d'une montée en iso mal maitrisée. Bien sûr, je sélectionne les plus réussies, les plus jolies pour les imprimer, en faire des livres photo, des calendriers, des agrandissements. Parce qu'elles sont plus agréables à regarder quand je les montre à mes proches ou pour embellir mon appartement. Mais c'est le moment que je retiens, c'est instant de vie que j'ai voulu immortaliser.

Alors je continuerai à faire ainsi. Dans quelques jours, je prendrai des photos de paysages de la Corse. Des photos que des centaines d'autres auront fait avant moi et certains moments que je serai le seul à capturer "sur l'instant". Mais quand j'ouvrirai l'album photo, je me souviendrai ...


Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #16 le: 16 Avr, 2018, 17:54:22 pm »
Mais voilà, maintenant que j'ai conscience que je ne personnalise jamais vraiment mes photos de paysage en voyage, je suis dans le constat de me dire "Bah oui, mes photos ressemble à celle des autres" Pire encore si je regarde sur Flickr.
Ta photo de Bruges, si tu l'avais traitée comme il faut, redressé les perspectives et ajusté les couleurs, elle aurait été plus jolie que celle trouvée sur Flickr.
Sans la liberté de blâmer il n'est point d'éloge flatteur.

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #17 le: 16 Avr, 2018, 18:20:48 pm »
complètement d'accord avec toi pitipechiste  ;)

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #18 le: 16 Avr, 2018, 19:09:24 pm »
Je complète ce que j'ai écrit auparavant, ayant eu un peu plus de temps pour y réfléchir.

Je regarde sur une étagère, j'ai ce superbe livre photo de Vincent Munier : "Arctique". Parlons de la couverture, le cliché d'un magnifique loup d'Ellesmere, que j'ai eu aussi d'occasion de voir en très grand à une expo photo.
Quand je regarde cette photo, qu'est ce que je vois/ressens ? Je vois un magnifique loup, son attitude prise sur le vif. Je vois une très belle photo, d'un blanc pur. Je m'imagine ces grandes étendues blanches, le froid qui y règne. Mais j'ai beau admirer cette photo, je sais qu'à aucun moment je ne ressentirai autant d'émotion que le photographe qui l'a prise. Lui va se rappeler de ces heures, ces jours entiers d'affut pour capturer ce moment. Il va se rappeler du froid mordant, de sa tante posée dans ce décor blanc. Et de cette excitation, peut-être mêlée à un peu de peur, à l'instant où la meute est apparue, s'est rapprochée de lui. Cette émotion n'appartient qu'à lui. Malgré toute "l'âme" de la photo, et tout ce à quoi elle peut me faire penser à partir de mon vécu et mon imaginaire, je sais qu'une partie m'échappera toujours, car elle n'appartient qu'à ceux qui étaient présent à cet instant.
Et même si un jour je vais sur l'ïle d'Ellesmere, et même si ce jour je croise la route de ces loups, ce sera toujours quelque chose de différent. Alors ce jour-là, je prendrai des photos. Et même si elles sont moins jolies que celle de Vincent Munier, elles auront quelque chose qui les rendra unique à mes yeux, quelque chose qu'on ne pourra pas m'enlever : elles seront le reflet de "ce" moment, cet instant que j'ai vécu.

Je pense donc qu'il ne faut pas trop se poser la question et arrêter à un moment de regarder absolument tout ce que font les autres. Faites vos photos, peu importe votre matos, mais surtout avec votre regard. Pour le présenter à vos proches, sur ce forum ou ailleurs. Mais surtout pour vous et pour vous souvenir de ce petit moment de vie que vous avez suspendu.
« Modifié: 16 Avr, 2018, 19:11:19 pm par Pitipechiste »

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #19 le: 16 Avr, 2018, 19:33:40 pm »
 ;)

*

Hors ligne karlito

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #20 le: 08 Juin, 2018, 22:21:45 pm »
Je complète ce que j'ai écrit auparavant, ayant eu un peu plus de temps pour y réfléchir.

Je regarde sur une étagère, j'ai ce superbe livre photo de Vincent Munier : "Arctique". Parlons de la couverture, le cliché d'un magnifique loup d'Ellesmere, que j'ai eu aussi d'occasion de voir en très grand à une expo photo.
Quand je regarde cette photo, qu'est ce que je vois/ressens ? Je vois un magnifique loup, son attitude prise sur le vif. Je vois une très belle photo, d'un blanc pur. Je m'imagine ces grandes étendues blanches, le froid qui y règne. Mais j'ai beau admirer cette photo, je sais qu'à aucun moment je ne ressentirai autant d'émotion que le photographe qui l'a prise. Lui va se rappeler de ces heures, ces jours entiers d'affut pour capturer ce moment. Il va se rappeler du froid mordant, de sa tante posée dans ce décor blanc. Et de cette excitation, peut-être mêlée à un peu de peur, à l'instant où la meute est apparue, s'est rapprochée de lui. Cette émotion n'appartient qu'à lui. Malgré toute "l'âme" de la photo, et tout ce à quoi elle peut me faire penser à partir de mon vécu et mon imaginaire, je sais qu'une partie m'échappera toujours, car elle n'appartient qu'à ceux qui étaient présent à cet instant.
Et même si un jour je vais sur l'ïle d'Ellesmere, et même si ce jour je croise la route de ces loups, ce sera toujours quelque chose de différent. Alors ce jour-là, je prendrai des photos. Et même si elles sont moins jolies que celle de Vincent Munier, elles auront quelque chose qui les rendra unique à mes yeux, quelque chose qu'on ne pourra pas m'enlever : elles seront le reflet de "ce" moment, cet instant que j'ai vécu.

Je pense donc qu'il ne faut pas trop se poser la question et arrêter à un moment de regarder absolument tout ce que font les autres. Faites vos photos, peu importe votre matos, mais surtout avec votre regard. Pour le présenter à vos proches, sur ce forum ou ailleurs. Mais surtout pour vous et pour vous souvenir de ce petit moment de vie que vous avez suspendu.


Merci Pitipechiste pour tes messages, actuellement en perte de confiance, ça reboost à fond.
Ma galerie Flickr : https://goo.gl/HqCfES
Nikon D7200 : Sigma 10-20 F3.5 / Sigma 18-35 ART F1.8/Sigma 17-50 F2.8 / Sigma 50-100 ART F1.8 / Sigma 50-150 F2.8 / Sigma 150-600 C F5-6.3 / Macro : Marumi DHG 200

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #21 le: 09 Juin, 2018, 15:10:30 pm »
de belles photos sur ton flickr karlito, j'ai le même jack en mâle, on fait des petits ?

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Hors ligne karlito

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #22 le: 10 Juin, 2018, 17:53:06 pm »
Merci à toi  xcyclopex. Mon jack russel est castré malheureusement ! Désolé ^^'
Ma galerie Flickr : https://goo.gl/HqCfES
Nikon D7200 : Sigma 10-20 F3.5 / Sigma 18-35 ART F1.8/Sigma 17-50 F2.8 / Sigma 50-100 ART F1.8 / Sigma 50-150 F2.8 / Sigma 150-600 C F5-6.3 / Macro : Marumi DHG 200

Remise en question sur l’essence même de nos photos.
« Réponse #23 le: 10 Juin, 2018, 20:32:27 pm »
oui de toutes façons le mien se fait trop vieux (12 ans) meme si il est toujours exité par les femelles